• Du rêve encéphale au choc-vie

     

    Le réveil sonne à 6h30, je devrais déjà être levée mais il y a cette demi-heure incompressible de profit de la couette encore chaude de ma thermie du matin et de mon oreiller qui ne fait plus qu'un avec mon visage démaquillé.
    C'est trente minutes de jouissance, mille huit cent secondes pendant lesquelles je vais me répéter ce refus à basculer dans le choc de la vie « aller, encore une seconde et je pose le pied dans la réalité »
    Je suis embuée mille huit cent fois
    C'est bon
    Je rêve encore, mi-encéphale, mi-vivante
    Encore une seconde
    Des morts à la radio qui ne sont pas encore vraiment vivants pour moi et qui alternent dans une espèce d'osmose avec mes phases de sommeil profond, léger ou du subconscient, je sais pas trop, un truc comme ça en tout cas
    Encore une seconde
    La dernière
    La mille huit centième
    Je pose le pied dans la vie
    Passe du rêve encéphale au choc-vie
    Mon quota de secondes est épuisé pour ce matin
    Salut, ça va ? Bien dormi ?
    Oui. Mille huit cent secondes
    Si je suis bien vivante ce matin, je le dois à ces mille huit cent secondes
    Je prends leur temps
    Je suis une voleuse égoïste du temps
    Il y avait quelque chose de virtuel à ce vol, je régresse, moi qui pensais qu'il y avait quelque chose d'irréel
    Et chaque matin j'épuise les abscisses et ordonnées du temps pour atteindre un degré zéro constant
    Le temps s'arrête à la mille huit centième et redémarre à la première
    J'en suis l'actrice, le metteur en scène et la scripte
    C'est ma dictature à moi, elle m'appartient, un oreiller et une couette pour victimes






     


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